« Notre hôtel, on le voulait accessible à toute la famille. »

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Deux chambres aménagées pour les personnes à mobilité réduite (PMR) dans les établissements de 21 à 50 chambres : c’est ce que prévoit la loi de 2005 pour l’hôtellerie. À Chartres, en Eure-et-Loir (28), lorsque Fabienne et Gil Éléaume ont imaginé leur futur établissement de 37 chambres, ils ont décidé d’en faire plus. Ouvert en 2009, l’hôtel L’Écume compte sept chambres adaptées. « C’est une construction neuve, ça ne posait pas de difficultés d’un point de vue architectural », précise Gil.

Ces chambres ont coûté 30 % de plus que les autres. « Parce qu’elles sont plus grandes. Et on ne peut pas faire ce type de pièce au rabais : les portes coulissantes à galandage (1) sont plus onéreuses, la fixation des barres d’appui doit être solide… » À la place des cinq chambres PMR “facultatives” par rapport à la loi, l’hôtelier aurait pu faire autant de chambres à trois lits, louées à un meilleur tarif. Mais il a privilégié la prise en compte d’une clientèle vieillissante.

« Notre hôtel, on le voulait accessible à toute la famille : les grands-parents voyagent beaucoup maintenant », précise la maîtresse des lieux qui note que « certains ne disent rien mais, quand on nettoie les chambres, on voit qu’ils ont utilisé le siège rabattable dans la douche ! » Quatre ans après l’ouverture de leur hôtel labellisé “Tourisme et handicap”, le couple ne regrette pas d’avoir été au-delà de la loi. « On répond à des demandes qu’on n’aurait pu satisfaire sinon. Nous accueillons, par exemple, les participants à la coupe de France handisport de sarbacane ! »  Texte Aurélia Sevestre – Photo Albin Millot

(1) Elles glissent à l’intérieur des cloisons.